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mardi 27 janvier 2015

N'avez-vous jamais rêvé d'avoir une écharpe vivante pour animal de compagnie ?

Les Fiancés de l'Hiver, Christelle Dabos - éditions Gallimard.

Résumir :
"Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel."
Résumé : Gallimard. 

Si une majorité des grands noms de la littérature classique sont français, en ce qui concerne la littérature fantastique de ces dernières années, les anglophones ont clairement affirmé leur supériorité.  C'est pour cette raison que je suis aujourd'hui très fière de vous présenter un roman fantastique dans tous les sens du terme issu de notre belle et grande culture. Il s'agit de La Passe Miroir, premier tome du roman Les Fiancés de l'Hiver, de Cristelle Dabos, lauréat du concours du Premier Roman Jeunesse Galimard 2013. Récompense entièrement méritée soit dit en passant. J'ai pris un plaisir incroyable à lire ce livre, dès le début, à un point tel que je me restreignais dans ma lecture, ne voulant définitivement pas arriver à la fin ; jusqu'à ce que je dévore sans aucune pitié les 400 dernières pages... Je n'ai effectivement pas tenu bien longtemps.


Ce roman est une pure merveille, de l'écriture à l'histoire, en passant par les personnages. Alors que je ne m'attache que très rarement aux protagonistes, j'ai eu beaucoup de tendresse pour l'héroïne, toute maladroite et singulière qu'elle était. Ophélie, de son petit nom, est à l'exact opposé des héroïnes stéréotypées habituelles, soit trop fougueuses, soit trop mollassonnes ; elle est tout simplement authentique et pleine de reliefs. Ophélie n'est cependant pas la seule, tous les personnages sont intéressants, même les personnages secondaires. On voit clairement qu'ils n'ont pas été posés là par simple nécessité envers le scénario, ils sont complexes et ont leur propre histoire. Thorn, le presque charmant fiancé d'Ophélie est lui aussi très très loin des habituels archétypes masculins par son ineffable froideur. J'ai beaucoup aimé découvrir progressivement ce personnage bien qu'il ne se dévoile pas outre mesure et à presque cerner son caractère.

Les personnages demeurant sur l'Arche du Pôle sont tous captivants par le mystère qui les entoure. Le meilleur exemple en est Farouk, l'Esprit de Famille de Pôle. La manière dont l'auteur est parvenue à maintenir une aura mystérieuse autour de ce personnage est absolument fascinante ! 


Les personnages et l'écriture ne sont pas les seuls aspects positifs de ce roman, l'univers intégralement créé par l'auteur est lui aussi d'une brillante complexité. L'histoire se déroule sur des "Arches", fragments de Terre flottant individuellement et hébergeant de grandes familles. Selon les Arches, les familles possèdent des pouvoirs différents, relayés à leur mode de vie. De plus, chaque Arche possède un "Esprit de Famille", sorte de chef de clan immortel, ascendant de chaque individu vivant sur l'Arche.
Quand je parlais de "brillante complexité" plus haut, je n'exagérais pas, l'univers est réellement difficile à décrire !

J'ai découvert et aimé beaucoup de romans ces dernières années, mais Les Fiancés de l'Hiver est parvenu à se hisser à un niveau bien supérieur. Je me suis prise d'une réelle affection pour cette histoire, ces personnages, cet univers et je serais parfaitement incapable de lui trouver un seul point négatif  !
Ce roman fait parti de ceux qui rendent vos prochaines lectures fades et insipides, ne vous donnant qu'une envie : replonger dans son univers magique et hors du temps. 

Cela sera néanmoins possible, étant donné qu'une suite est prévue. Si aucune date précise n'a été annoncée pour le moment, elle est tout de même censée paraître au cours  du second semestre de 2015. Il reste donc encore un petit moment à attendre avant de pouvoir s'envoler à nouveau vers les Arches éparpillées des Fiancés de l'Hiver afin de retrouver Ophélie et Thorn dans leur univers glacial.





lundi 8 décembre 2014

Âmes silencieuses pour invasion tranquille.

Les Âmes Vagabondes, Stephenie Meyer - édition JC Lattès.
Résumons : 
"La Terre est envahie. L’humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Melanie Stryder vient d’être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l’être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, il y a un homme qu’elle ne peut pas oublier. L’amour pourra-t-il la sauver ?"
Résumé : JC Lattès



Six ans c'est long. Six ans pour lire un livre, c'est encore plus long...
Les Âmes Vagabondes (The Host) est paru en 2008. Une adaptation cinématographique est sortie en 2013. Je dois avouer honteusement, que sans ce film, le roman serait toujours à la même place. Cette réticence était principalement due au nom de l'auteur... Stephenie Meyer. Ce n'est pas tant son écriture qui me posait problème, la trouvant parfaitement convenable, mais surtout la trivialité de ses personnages.



Bien que le film m'ait donné envie de lire le livre, il m'a néanmoins beaucoup déçue. Il est indéniable qu'un livre est souvent plus abouti qu'un film. Mais ici ce n'est pas le problème :  l'Âme du roman a été totalement oubliée. Alors que l'œuvre littéraire s'adresse à un lectorat adulte, le film, lui, est clairement réalisé pour un public adolescent. Dans ce dessein, le film a été édulcoré et toutes les scènes rendant le roman profond et mature ont été supprimées ; mais il s'agit peut-être d'un souci de séduction...


En ce qui concerne le roman, il est parvenu à me faire dépasser mes angoisses... L'écriture autrefois acceptable a laissé place à une plume plus fluide et mature ; et bien que les personnage soient victimes d'une forme singulière de schizophrénie, ils restent néanmoins plus intéressants que Mademoiselle Isabella Swan et sa horde de vampires apprivoisés.
Je fus principalement déçue par la place prédominante de l'histoire d'Amour au lieu du développement de l'invasion extraterrestre, qui aurait pu s'avérer beaucoup plus intéressant. Tellement de pistes pouvaient être explorées et ont pourtant été abandonnées au profit du développement des relations entre les personnages. C'est principalement pour cette raison que j'éprouve quelques difficultés à classer le roman dans le rayon "science-fiction", à mon sens il s'agit plus d'une romance.
Ce que j'ai appelé "schizophrénie" chez les protagonistes est le fait qu'ils changent constamment de comportement. Il est ainsi assez difficile de cerner les personnages et de s'identifier à eux. Ils restent donc des personnages assez distants et superficiels auxquels j'ai, personnellement, eu un peu de mal à m'attacher. A part Ian...



Cependant, malgré ces petites déceptions, Les Âmes Vagabondes reste tout de même un roman que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. La dualité du personnage principal rend l'histoire encore plus originale qu'elle ne l'est déjà. Le combat farouche de Mélanie pour reprendre le contrôle de son corps laisse place à un effacement progressif allant avec la confiance qu’elle accorde petit à petit à l’Âme qui a pris possession de son corps. Cette confiance croissante est bien plus explicitée dans le roman que dans le film et les raisons qui poussent Mélanie à mettre son animosité de côté le sont tout autant.
Un élément précis m'a réellement transportée et envoutée, ce sont les quelques descriptions des planètes visitées par Vagabonde -Âme en possession du corps de Mélanie. Elles apparaissent réellement magnifiques et l'auteur a fait preuve d'un grand talent pour les inventer et les décrire.
Les Âmes sont aussi des êtres que j'ai beaucoup appréciés, notamment grâce à leur grande naïveté et pureté. La critique de l'humanité qu'elles induisent m'a aussi beaucoup plu, ce qui permet au roman d'être plus qu'une simple romance adolescente. L'ouvrage entier est un questionnement sur l'humanité et ses travers, qui peut interpeller le lecteur et le pousser lui-même à s'interroger.



En définitive, bien que certaines critiques puissent être formulées à l'égard du roman de Stephenie Meyer, sa lecture reste néanmoins très agréable. C'est aussi un thème assez différent de ce que l'on a eu l'habitude de voir ces dernières années, ce qui est un atout non négligeable.


 

samedi 4 octobre 2014

The Little People are watching you...

1Q84 - Haruki Murakami, édition 10/18.

George Orwell se montre décidément omniprésent en ce moment. Après l'avoir assimilé au roman Divergente de Veronica Roth (à lire ici), il s'agira maintenant d'établir le parallèle avec 1Q84 d'Haruki Murakami (2009). Car en effet, l'une des choses que l'on entend le plus, et qui ne pourra être tue dans le cadre de la présentation de 1Q84, est qu'il s'agit clairement d'une référence au roman 1984 de George Orwell. Cette analogie est avant tout exprimée par le titre, le -Q- se prononçant à l'anglaise (comprendre "quiou"), il se prononce ainsi de la même manière que le 9 japonais. Par conséquent, bien que le titre s'écrive 1Q84, il s'agit tout de même du même titre que celui de George Orwell
En plus du titre évocateur, le nom de Big Brother revient souvent dans les tirades des personnages et des références parfaitement claires sont disséminées par-ci, par-là au fil des pages.
L'histoire s'étire sur trois volumes publiés entre 2009 et 2010, qui sont chacun découpés en trimestres. Le premier tome dont je vais vous parler aujourd'hui se déroule d'Avril à Juin 1984.

Pour être parfaitement honnête, j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire au départ, ne parvenant pas à comprendre où souhaitait en venir l'auteur. Il m'a fallu tourner une bonne centaine de pages avant d'être véritablement conquise. Si l'écriture peut paraître un peu étrange par moment -je mettrai cela sur le compte de la traduction japonais/français-, elle n'en est pas moins poétique ; j'ai réellement était subjuguée par la beauté et la délicatesse de l'écriture de certains passages.
Outre la plume de l'auteur -et/ou du traducteur- et l'histoire en elle-même, l'auteur parvient à mettre en scène des personnages intéressants et originaux avec leur caractère et leurs bizarreries. Deux protagonistes se partagent les devant de la scène : Tengo et Aomamé (j'ai précisé que l'histoire se déroulait au Japon ?) ; s'ils sont aux antipodes l'un de l'autre, ils ont néanmoins une vocation à une entière dévotion à l'invisibilité. Tengo écrit des articles dans l'ombre qu'il vend à d'autres auteurs qui vont se les approprier. Il va, par la suite, réécrire le roman d'une jeune fille sans que son nom ne soit mentionné nulle part. En revanche, quant à Aomamé, je ne pourrais strictement rien révéler sous peine de gâcher le suspense et l'effet de surprise installé dans les premières pages !

Je ne peux pas parler d'1Q84 sans mentionner ne serait-ce qu'une fois la présence des Little People. Je serais en revanche bien incapable de définir ces personnages, simplement parce qu'il s'agit plus, dans le premier livre, d'une ombre mystérieuse et terrifiante qui plane sur l'histoire. Ici encore, on peut ajouter les Little People à la liste déjà bien fournie, des clins d'oeil de Murakami à Orwell. En effet, le personnage de Big Brother de 1984 est remplacé par les Little People. On pourra constater le jeu de mots réalisé par l'auteur : le Grand Frère devient les Petites Personnes. 

Pour terminer, l'auteur a réussi à introduire de nombreux thèmes importants au sein de son récit, comme la condition de la femme et des jeunes filles dans la société japonaise de la fin du XIXème siècle, mais aussi la question plus que délicate des sectes et de la violence qui peut régner en leur sein. Je ne peux cependant pas développer plus amplement ce point sans révéler d'importants éléments de l'intrigue du roman. Je m'arrêterai donc à ces assertions, sans plus me justifier.

J'achèverais ce billet, comme souvent, en précisant que cette lecture n'est sûrement pas adaptée à de jeunes gens en raison du caractère licencieux de certaines scènes. Les thèmes abordés peuvent aussi être quelque peu éprouvants pour un jeune lectorat.

Je vous prie d'apprécier la beauté du résumé :  
"Entre l'an 1984 et le monde hypnotique de 1Q84, les ombres se reflètent et se confondent. Unies par un pacte secret,  les existences de Tengo et d'Aomamé sont mystérieusement nouées au seuil de deux univers, de deux ères... Une odyssée initiatique qui embrasse fantastique, thriller et roman d'amour, composant l'oeuvre la plus ambitieuse de Murakami."
Résumé : 4ème de couverture. 

 

samedi 8 février 2014

Et si nous vivions dans un monde d'enfants ?

Gone - Michael Grant ; édition Pocket Jeunesse. 
J'ai terminé cette semaine le sixième et dernier roman de la saga Gone, de l'auteur américain Michael Grant. J'ai lu le premier livre dès sa sortie, en 2008, et aujourd'hui, six ans plus tard j'en ai lu la totalité. Autant vous dire que l'on ressent un sacré vide lorsque l'on arrive aux dernières lignes de la dernière page !
Naturellement, je ne vous parlerai ici que du premier livre, pour vous donner un avant-goût, sans pour autant vous gâcher le plaisir de pouvoir découvrir la suite par vous-même.
L'histoire se déroule dans la ville fictive de Perdido Beach, dans l'état de Californie, aux Etats-Unis. Dès les premières pages, on assiste à la disparition de la totalité des personnes de plus de 15ans présents dans la ville. Ce qui, à première vue, peut sembler être une bénédiction pour tout enfant qui se respecte, les jeunes habitants de la ville de Perdido Beach vont très vite se rendre compte que les adultes sont plus que nécessaire au bon fonctionnement de toute société. En effet, sans adultes, comment faire tourner l'économie ? Comment faire respecter l'ordre et empêcher les enfants de se battre les uns contre les autres ? Les jeunes héros devront très rapidement trouver des solutions à ces nombreux problèmes.
Si le roman ne se démarque pas réellement par une écriture hors du commun, il a néanmoins le mérite de vous transporter dans un univers étrange et captivant. Les personnages, s'ils sont un peu caricaturaux, n'en sont pas moins attachants : d'Astrid, "le petit génie", belle, intelligente et hautaine, à Caine, mauvais garçon tortionnaire et arrogant, en passant par Sam, le beau surfer qui se verra attribuer la place de "Chef" de cette société anarchique dans laquelle ils se sont trouvés. J'avoue avoir eu un léger pincement au cœur lorsque j'ai dû me défaire de ces personnages qui ont partagé mon adolescence. Ce qui m'a beaucoup plu dans ce roman, outre le concept en lui-même, c'est de voir se développer une société qui avait au départ perdu toutes ses bases. Une société qui, de surcroit, est gérée par des enfants et des adolescents. On se retrouve donc dans une société quasi-primitive qui doit se reconstruire, survivre et faire survivre les personnes qui la composent.
SI vous aimez la science-fiction et les supers-pouvoirs (pas toujours très "supers" d'ailleurs), alors je vous recommande de ne pas hésiter une seule seconde et de commencer le premier livre ! Je n'aurai qu'une seule recommandation: veillez à avoir l'estomac bien accroché en prévision de certains passages assez...hardcore ; et si vous ne supportez pas ce genre de choses, je vous conseille très sincèrement de reporter votre choix sur un autre roman, sous peine de passer un moment plutôt désagréable !
Sur ce, je vous fais découvrir le résumé qui vous en dira plus sur l'histoire en elle-même :
"Qui n'a jamais rêvé d'un monde sans adulte ?
Imaginez...
En plein cours d'Histoire, ils sont en train de prendre des notes, quand tout à coup... plus de professeur ! Affolés, ils sortent de classe et se rendent compte qu'il n'y a plus aucun adulte. Comme s'ils s'étaient évaporés. 
En fait, tous les êtres humains de plus de 15ans ont disparu. Plus incroyable encore, ceux qui restent, développent des supers-pouvoirs mais ils ne parviennent pas encore à les maîtriser...
Cette aventure extraordinaire est arrivée à Sam, 14ans, et à tous les enfants de la petite ville californienne de Perdido. Passé La première période d'euphorie, les enfants doivent maintenant s'organiser pour survivre.
Qui va s'occuper des bébés et des malades ?
Comment trouver de la nourriture ?
Autant de questions vitales à résoudre en urgence ! Sam devient malgré lui l'un des responsables de l'organisation, mais, bien vite, il va devoir affronter d'autres chefs de bandes, aux idées beaucoup plus sombres..."
 Résumé : PocketJeunesse.fr
Love. Kihn.