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dimanche 13 décembre 2015

Pierres précieuses et machine à remonter le temps.

Rouge Rubis, Bleu Saphir et Vert Émeraude de Kerstin Gier - éditions Milan

Court résumé de Rouge Rubis : 
"Gwendolyne a 16 ans. Elle vit à Londres. Vie normale, scolarité normale dans une grande école privée, famille normale, en apparence… Car cette famille a un secret : certaines filles sont porteuses d’un gène qui leur permet de voyager dans le temps."
Résumé : Babelio 


Le mois d'Octobre est passé et avec lui l'engouement pour les excusions temporelles, mais il est toujours temps d'en parler, non ? Fans de Retour Vers le Futur, comprenez-moi !

Honnêtement, je n'avais pas prévu de faire un article sur cette trilogie, pas du tout. Elle a été très agréable à lire, avec des personnages attachants et une fois entré dans l'histoire, on n'a pas vraiment envie d'en sortir. Cependant, à bien y réfléchir, je ne trouvais pas grand chose à en dire !
Néanmoins, ces derniers temps on m'a beaucoup demandé si je recommanderais ces trois livres, ce à quoi je répondais systématiquement par l'affirmative. Or, si je conseille ces livres à mon entourage, pourquoi ne vous le recommanderais-je pas ?

Ainsi, je vais aujourd'hui vous parler de la Trilogie des Gemmes de Kerstin Gier : Rouge Rubis (2009), Bleu Saphir (2010) et Vert Emeraude (2010). Deux tomes en une année, je tire mon chapeau ! Comme j'ai pu le répéter à maintes reprises, si vous cherchez une lecture agréable et prenante, sans être pour autant incroyablement singulière, je vous la recommande sans hésiter. Elle a cela d'original qu'elle traite du voyage dans le temps, thème que je n'ai eu que peu l'occasion de rencontrer dans la littérature adolescente/jeune adulte de ces dernières années corrigez-moi si je me trompe. Cependant c'est aussi là qu'est son plus grand défaut ; le voyage dans le temps n'est pas un sujet simple à évoquer, paradoxes temporels et régression indéfinie deviennent ici vos meilleurs ennemis. Je me suis heurtée, au cours de ma lecture, à quelques petites incohérences qui ont fait tourner mon cerveau en boucle, arrivant à la conclusion que l'histoire n'était pas réellement bien ficelée. Il s'agit toutefois de nuancer le propos, le but de cette trilogie n'est certainement pas de fournir un support concret à une réflexion sur l'écoulement du temps, mais seulement de le prendre comme prétexte pour faire un roman destiné aux adolescents. Dans cette mesure, si vous êtes pointilleux, très attaché à la crédibilité d'une histoire, je vous déconseille cette trilogie qui risque de vous contrarier un tant soit peu. En revanche, si votre objectif est de trouver une lecture sympathique qui accompagnera vos journées et soirées pluvieuses, la Trilogie des Gemmes est faite pour vous !

Je me rends compte, après relecture, que je n'ai pas abordé la question des personnages. Ce point était l'un de ceux qui me refroidissaient à l'idée de rédiger un article. Simplement par le fait qu'il n'y a pas grand chose à dire à leur propos. Les héros, à l'image des romans dont ils font partis, bien qu'attachants, ne sont pas extraordinaires. Gwendolyne est l'exemple parfait de la lycéenne un peu soupe-au-lait, et son homolgue masculin, Gideon, est quant à lui le stéréotype du playboy charmeur. Ils sont tous les deux bien loin des personnages intriguants de Christelle DabosSi vous voulez savoir de quoi je parle, c'est par là ! 

Si l'on doit parler de la trilogie de Kerstin Gier, on ne peut éluder son adaptation cinématographique de Felix Fuchssteiner (2013), avec Maria Ehrich et Jannis Niewöhner  dans les rôles principaux. En effet, c'est suite au premier film, Rouge Rubis, en toute originalité, que j'ai décidé de me plonger dans l'univers des livres. Cependant je dois avouer que ces adaptations, et particulièrement le deuxième film, Bleu Emeraude (2014), sont un peu confuses par rapport aux écrits, autant du point de vue des personnages que de la chronologie des évènements. Je n'y ai retrouvé que les ombres des personnages que j'avais pu découvrir dans les écrits de Kerstin Gier et les évènements sont mélangés en un joyeux désordre, voire même inventés pour certains. Si les adaptations libres sont monnaie courante dans l'univers des adaptations cinématographiques, je dois avouer que celle-ci ne se démarque pas par sa qualité. Ils ne me laissent pas un très bon souvenir et je vous recommanderais plus volontiers de lire les livres. 

Je conçois que cette critique ne soit pas des plus élogieuses, c'est bien la raison pour laquelle j'avais l'intention de passer cette lecture sous silence, mais j'espère qu'elle vous aura tout de même donné envie de découvrir l'univers de Kerstin Gier !


N.D.L.R : Merci Heloïse de m'avoir donné envie de rédiger cet article !




dimanche 4 octobre 2015

Update 2 .0 : La Sélection : Tome 4, La Reine, Le Prince.




Après avoir lu tout récemment le quatrième volet de La Sélection, j'ai été prise d'une puissante nostalgie, me poussant à dévorer séance tenante, toute œuvre y étant liée. J'ai donc englouti, en l'espace de trois jours : L'Héritière, La Reine et Le Prince & Le Garde, de Kiera Cass. Appelez moi Gargantua.

Attention : j'ai fait mon maximum pour éviter les gros spoilers concernant la première trilogie, mais cet article en comporte quelques petits, disséminés ça et là. 



Ayant beaucoup aimé les trois premiers tomes de La Sélection, quelle n'a pas été ma joie lorsque j'ai appris qu'un quatrième volet était en préparation ! Je me suis naturellement jetée littéralement dessus dès sa sortie début 2015, n'y tenant plus, et l'ai dévoré dans la foulée. Comment ça l'article a tardé ?
J'ai eu beaucoup de mal, dès le début, avec l'héroïne : la jeune Eadlyn, qui m'est apparue absolument insupportable avant même la fin du premier chapitre. Ayant eu peur dès le départ de ne pouvoir m'y attacher, j'ai été agréablement surprise en découvrant sa constante évolution au cours de l'histoire. Il s'agit d'un aspect que j'ai vraiment beaucoup aimé et qui est très intéressant à découvrir.

A l'inverse des précédents volumes, dans lesquelles nous suivions une jeune femme issue d'un milieu social modeste, voire pauvre, devant apprendre à s'adapter à la royauté, ici c'est une jeune princesse qui devra apprendre à remettre en question son statut de membre intouchable de la famille royale. De plus, le roman nous permet de suivre le quotidien pas toujours très simple des personnalités politiques. Je n'ai pu trouver de meilleur argument pour justifier mes propos qu'une phrase tirée du roman lui-même : 
"Depuis que les castes ont disparu, plus personne n'est obligé d'endosser un destin qui lui déplaît, sauf vous." 
Leena, la Femme de Chambre, à Eadlyn

N'étant malgré tout rien de plus qu'une faible créature féminine, j'ai beaucoup apprécié le florilège de charmants jeunes hommes qui arrive au palais ! L'auteur a visiblement pris grand soin de les rendre tous différents les uns des autres, ce qui permet à la lectrice de trouver son petit favori.

La plume de Kiera Cass est toujours aussi agréable à lire, le roman est aussi prenant que les premiers, et bien que je ne puisse m'empêcher de penser que ce quatrième tome n'est qu'une tentative de faire perdurer le succès de la saga, je dois reconnaître que cette démarche est brillamment entreprise. Ce quatrième tome a réveillé en moi un véritable intérêt, contrairement à certains de mes a priori, et à certaines autres sagas qui ont vainement tenté la même expérience...



Avant le quatrième tome de La Sélection je n'avais pas la moindre intention de lire les Histoires Secrètes publiées en 2014, peu de temps après la sortie du dernier volet de la trilogie originale, mais c'est dans ma crise de nostalgie que j'y ai succombé.

Ces nouvelles nous permettent de revivre la Sélection des trois premiers tomes, mais cette fois sous les traits du Prince Maxon puis d'Aspen, membre de la garde royale et ex-petit-ami d'America. Il est vrai qu'il peut être intéressant d'avoir un autre point de vue des événements, pour mieux les comprendre ou encore se rapprocher de ces deux personnages secondaires, mais néanmoins indispensables à l'évolution de l'histoire. Cependant, je trouve cette tentative commerciale de surfer sur la vague du succès de la saga bien moins discrète que celle du quatrième tome précédemment évoqué. 


J'ai poursuivi mon exploration des nouvelles publiées par Kiera Cass en lisant La Reine, publiée exclusivement au format numérique fin 2014. Grâce à cette nouvelle nous suivons la Sélection vécue par les parents du Prince Maxon et cela nous permet de découvrir un peu plus ces personnages qui ne restent que fantomatique dans la trilogie. La future Reine Amberly est l'héroïne de cette nouvelle à la première personne et il est réellement intéressant d'apprendre à mieux connaître cette présence distinguée et bienveillante qui veillait sur la Sélection vécue par America. Cette nouvelle nous révèle aussi beaucoup d'informations concernant le Roi Clarkson et sa vie passée, ce qui permet de...comprendre certaines de ses réactions...virulentes. Ou presque. 

Contrairement aux Histoires Secrètes, je trouve cette nouvelle inédite plus intéressante dans ce qu'elle apporte des éléments supplémentaires à l'histoire. Elle permet de découvrir des personnages que l'on ne connaît que très peu, quand les Histoires Secrètes ne font que reprendre une histoire déjà connue en changeant seulement de point de vue.


 

mercredi 1 juillet 2015

Renouveau de la Guerre des Roses sur fond de Guerre des Deux Roses...


The Book Of Ivy, Amy Engel - éditions Lumen.
Mille merci à Heloïse pour sa précieuse aide en matière d'illustration !

En somme : 
"Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.

J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.

Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…

Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera."
Résumé : Lumen


Un achat compulsif, rien de plus ! Une jolie couverture, un résumé accrocheur, et sans plus de cérémonie, dans le panier !

Rien ne me destinait à lire The Book Of Ivy de Amy Engel (2015) ; ayant déjà beaucoup de livres à lire, je me retenais (tant bien que mal) d'en acheter de nouveaux et je n'avais jamais entendu parler de cette nouvelle dystopie. Ma foi, je remercie ce coup de tête !

Là où les livres actuels préfèrent diviser leur société post-apocalyptique en castes qui s'affronteront ou lutteront pour leur abolition au cours de l'histoire, The Book Of Ivy parvient à se démarquer et choisit de construire une société divisée en deux familles, : résultat d'un affrontement semblable à une Guerre de Sécession. 
Je tiens à ajouter qu'il est de plus assez original, dans un roman jeunesse, de suivre une jeune fille destinée à être un assassin.

L'envers du décor est fermement installé, les évènements semblent crédibles et l'auteur a eu d'excellentes idées ; notamment celle du mariage entre les familles des gagnants et des perdants afin d'empêcher tout affrontement futur. En effet, en cas d'opposition, des parents se verraient obligés de combattre leurs enfants ou des grands-parents, leurs petits-enfants. Sans vouloir paraître tyrannique, je trouve qu'il s'agit d'une très bonne idée !

Je dois avouer que si les personnages principaux m'ont plu, ils ne m'ont pas non plus réellement marquée. Ivy est une jeune fille plutôt mesurée dans ses actions et réactions ; elle n'a pas ce travers que je rencontre souvent chez les héroïnes de mes lectures : soit trop impétueuse, soit trop amorphe. Bishop quant à lui est le héros séduisant et un peu mystérieux sur les bords, un héros somme toute assez banal finalement. J'ai cependant beaucoup apprécié le soin qu'a pris l'auteur à le montrer comme un garçon respectueux, une valeur que j'aime voir chez des héros masculins. 

Je n'avais pas prévu de parler de ce livre ici ; j'ai apprécié ma lecture dès le début, là n'est pas le problème, mais je ne pensais pas avoir grand chose à en dire. Seulement, ça c'était avant de lire les dernières pages. La fin m'a laissée muette et en proie à un florilège d'émotions contradictoires. Elle s'est avérée surprenante et j'attends avec impatience de pouvoir lire le prochain tome qui promet d'être assez riche en rebondissements ! Du moins je l'espère...


N.D.L.R : La Guerre des Deux Roses est une succession de guerres civiles anglaises opposant les maisons de Lancastre et de York durant la deuxième moitié du XVème siècle. 

En ce qui concerne La Guerre des Roses, il s'agit d'un roman de Warren Adler (1981) mettant en scène un couple marié en plein conflit. L'histoire sera ensuite adaptée au cinéma par Danny DeVito (1989) avec Michael Douglas et Kathleen Turner en tête d'affiche.




vendredi 5 juin 2015

Puisse le sort vous être favorable !

Hunger Games, Suzanne Collins - éditions Pocket Jeunesse.

Condensé :
"Dans un futur sombre, sur les ruines des États-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur.Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l'arène : survivre, à tout prix.Quand sa petite soeur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n'hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. À seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature..."
Résumé : Pocket Jeunesse.


Mieux vaut tard que jamais, non ?

Trois ans après la sortie du premier volet de la saga Hunger Games, je me suis enfin décidée à lire la trilogie de Suzanne Collins (2008). J'avoue que je ne m'étais pas réellement attardée sur les livres à leur sortie, étant à cette époque, dans ma période "dévorage de classiques" néologie, néologie. Après avoir vu le film, intriguée par le nouveau genre qu'était la dystopie époque lointaine où le genre ne représentait pas la majorité des ventes de romans pour adolescents et curieuse de connaître la suite de ce premier volet j'avais décidé de lire ladite trilogie. Trois ans plus tard, m'y voilà enfin ! 

J'ai réellement apprécié ma lecture, mais quant à décider quelle oeuvre du film ou du roman est ma préférée, la décision devient difficile à prendre. Elle l'est d'autant plus que le film est une adaptation quasi-exacte du roman de Suzanne Collins. Il est cependant un détail qui m'attire plus dans le film : le fait que Katniss paraisse plus âgée que dans le roman. Si j'avais lu ce livre en étant plus jeune cela n'aurait certainement pas posé de problème, mais à ce jour il m'est plutôt difficile de m'identifier à une jeune fille de 16 ans. Le film a cet avantage que Katniss semble avoir quelques années de plus, autant physiquement que par son comportement. Le roman étant écrit à la première personne, les conflits intérieurs qui tiraillent Katniss nous heurtent directement, de même que la fougue qui l'anime. Quelques années plus tôt j'aurais certainement partagé ses émotions, aujourd'hui j'aimerais seulement lui dire de se calmer un peu par moment ! 

Evidemment, comme toujours, le roman est beaucoup plus précis que le film, si l'adaptation est une copie quasi-conforme de l'oeuvre de base, certains éléments que l'on devait deviner dans le film sont bien plus clairement expliqués (je pense notamment à la relation entre Katniss et Peeta). Cependant, cette tendance s'inverse en ce qui concerne les évènements qui se passent au sein des Hunger Games. Dans le film nous pouvons voir les décisions prises par les équipes de tournages ou par les mentors de Katniss et Peeta. Nous n'en avons que les résultats dans le livre. Résultats que le lecteur doit interpréter comme l'héroïne. 

Malgré le petit problème d'identification décrit plus haut, je suis contente de m'être enfin décidée à lire ces romans et je ne le regrette pas. L'histoire est bien construite, crédible et la plume de l'auteur est agréable. Je me doute que depuis toutes ces années je n'ai plus grand monde à convaincre, mais si toutefois il reste des irréductibles réfractaires dans l'assistance, j'espère avoir réussi à vous décider !



samedi 21 mars 2015

Dégustation de Diamant sur Canapé chez Tiffany.

Petit Déjeuner Chez Tiffany, Truman Capote - éditions Folio.

De quoi s'agit-il ? 
"J'avais été au cinéma, j'étais rentré et je m'étais mis au lit avec un grog au rhum et le dernier Simenon. C'était tellement mon idée d'une soirée confortable que je ne parvenais pas à comprendre le sentiment de malaise qui s'amplifia en moi au point que je pouvais entendre les battements de mon coeur... Le sentiment que l'on m'épiait, que quelqu'un était dans la chambre. Puis il y eut une succession de coups secs sur la vitre, une apparition d'un gris spectral. Je renversai le grog. Il me fallut un certain temps avant que je me décide à ouvrir la fenêtre et à demander à Miss Golightly ce qu'elle voulait."
Résumé :  Folio.


Vous est-il déjà arrivé de relire un livre longtemps après l'avoir découvert et de vous rendre compte qu'il est totalement différent du souvenir qu'il vous avait laissé ?

C'est exactement ce que je viens de vivre avec Petit Déjeuner Chez Tiffany (Breakfast At Tiffany's) de Truman Capote, publié en 1958. Je l'avais lu il y a longtemps bien trop jeune à mon sens et l'idée qu'il me restait des personnages s'est avérée tout à fait différente de celle que j'ai découverte lors de ma relecture. A travers mes yeux émerveillés de petite fille j'admirais Holly Golightly, jeune, indépendante et ravissante, alors que mes yeux de jeune femme me permettent maintenant de me rendre compte de sa fragilité et de son instabilité chronique derrière son détachement apparent. Je comprends aujourd'hui qu'il s'agit d'un personnage bien plus complexe que je n'avais pu le penser auparavant. Son exubérance et son attitude cavalière cachent un passé trouble et de profondes blessures. L'auteur, s'il la montre toujours très entourée, avide de relations humaines et un brin libertine, nous fait tout de même parfaitement ressentir la solitude absolue de laquelle elle ne parvient à s'échapper.

Si Holly Golightly est l'héroïne de la nouvelle, elle l'est à travers les yeux du narrateur. Narrateur qui n'a que peu d'importance dans l'histoire, à tel point qu'il est à peine nommé, si ce n'est par un surnom pendant une bonne partie de l'histoire. Il est un écrivain méconnu, sans aucune considération ni pour lui-même, ni pour son travail. Son rôle est seulement de permettre la découverte du personnage extravagant qu'est Holly.

La nouvelle a été adaptée au cinéma par Blake Edwards (La Panthère Rose, Victor Victoria)quelques années plus tard, en 1961, renommée Diamant sur Canapé (toujours Breakfast At Tiffany's en VO) ; avec dans le rôle principal d'Holly Golightly, Audrey Hepburn. Le long-métrage est en réalité une version édulcorée de l'histoire imaginée par Truman Capote, la transformant en comédie romantique. Cependant, bien que cette transformation radicale ait été opérée, elle garde néanmoins ce petit côté désillusionné propre à l'auteur

Cette nouvelle est, par son écriture fluide et légère, le parfait moyen de se lancer dans la lecture des classiques de la littérature, sans pour autant se jeter à corps perdu dans des ouvrages complexes au nombre outrageant de pages ! Il ne faudra cependant pas vous attendre à un quelconque roman policier ou d'aventure, il s'agit ici d'un roman de vie, marqué par le tragique, suivant le parcours plus ou moins mouvementé des personnages principaux. 

Alors, prêts à vous lancer dans les classiques ?




dimanche 21 décembre 2014

Lorsque le jour décline et que la neige déploie son somptueux manteau blanc...


Les vacances d'hiver ont commencé et apportent avec elles leur lot de temps libres. Temps que tout accroc de la lecture qui se respecte mettra à profit afin de faire diminuer considérablement sa pile de livres à lire ! Cependant, en ce qui me concerne, j'aime beaucoup accorder mes lectures en fonction des saisons ou des fêtes. C'est pour cette raison que j'ai décidé de rédiger une petite sélection de livres et de contes hivernaux à lire maintenant que l'air s'est refroidi et que Noël approche à grands pas. 




Je ne pouvais définitivement pas me résoudre à écrire le titre français en gros caractères... La version originale ayant beaucoup plus de panache. Mais le titre francophone vous sera très utile pour trouver le livre, alors allons-y : Le Grincheux Qui Voulait Gâcher Noël. Voilà voilà. 
Il s'agit ici d'un conte aujourd'hui mondialement connu, du fait de ses adaptations successives, d'abord en dessin animé dans les années 60, puis en film, en 2000. Cette dernière adaptation réalisée par Ron Howard (Appollo 13, Da Vinci Code) et ayant le privilège de s'accorder le charismatique Jim Carrey en tant qu'acteur principal. 
Cette comédie de Noël excentrique se déroule dans une petite ville isolée sur un flocon de neige, dans laquelle toute fête est prétexte au faste et à l'ostentation, et particulièrement Noël. A l'extérieur de cette cité vit une créature, le Grinch, exilée en raison de son manque de conformisme et de son dégoût prononcé pour Noël.  
Avec de petits airs d'Edward Aux Mains d'Argent et une vision de Noël totalement farfelue, cette petite comédie fantastique, déjà bien connue, est un grand classique des fêtes de Noël




De la même manière que le Grinch, le Cantique de Noël en Prose met en scène un personnage haïssant Noël. Ce conte fantomatique a aussi été adapté au cinéma en 2009, et encore une fois, le personnage principal est interprété par Jim Carrey... 
Je pense qu'il y a un message à saisir.
Scrooge, le personnage principal est un vieil homme seul et aigri. Après avoir décliné (plus ou moins poliment) l'invitation de son neveu, lui proposant de fêter le réveillon avec lui, il s'enferme seul chez lui, loin de toutes les célébrations. Au cous de la soirée il recevra la visite peu conventionnelle de son défunt associé, puis, par la suite, de trois fantômes qui l'accompagneront au cours d'un périple singulier. 
Il s'agit d'un conte de Noël spectral et original qui vous hantera durant les fêtes de Noël.




L'allégresse et la gaieté ne sont pas les maîtres mots de ce conte. Il rappelle que Noël n'apporte pas son lot de réjouissances à tout le monde et que lorsque certains célèbrent les fêtes joyeusement et égoïstement, d'autres tentent par tous moyens de sauver ce qui leur reste.
Une petite fille se retrouve à errer seule dans les rues enneigées le jour du Réveillon de Noël, afin de vendre des allumettes. Cependant personne ne lui prête attention, trop occupés qu'ils sont à organiser leurs festins respectifs, l'abandonnant à ses seules allumettes pour lui tenir chaud.
La Petite Fille Aux Allumettes est un conte pour ceux qui n'ont pas peur de se faire un peu de mal avant les fêtes et qui ne veulent pas oublier que le confort n'est pas donné à tout le monde. Il est certes impossible de porter toute la misère du monde sur ses épaules, mais ce n'est cependant pas une raison suffisante pour l'ignorer.






Dans un registre plus réjouissant et contemporain, La Véritable Histoire de Noël nous offre une version alternative du conte de Noël et de l'histoire de son plus grand protagoniste : le Père Noël
Nicolas est un jeune garçon orphelin qui sera pris en charge tour à tour par différentes familles, qu'il quittera chaque année le 25 Décembre. Grandissant, le jeune garçon se passionnera pour la création de jouets et décidera d'en offrir à chaque famille avant de partir.
Le livre, composé de 25 chapitres se présente sous la forme d'un calendrier de l'Avent, dont il faut lire un chapitre chaque soir, jusqu'au jour de Noël. C'est une jolie manière de faire patienter les enfants jusqu'à Noël, en leur construisant progressivement l'histoire de celui qui leur apportera silencieusement leurs cadeaux. 


Mais bien entendu il n'est nulle obligation de s'immerger dans des lectures spécifiques aux fêtes de fin d'années si telle n'est pas votre envie.
Choisissez ce que vous aimez et aimez vos lectures.


Le mot "Noël" a été répété 19 fois.





lundi 8 décembre 2014

Âmes silencieuses pour invasion tranquille.

Les Âmes Vagabondes, Stephenie Meyer - édition JC Lattès.
Résumons : 
"La Terre est envahie. L’humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Melanie Stryder vient d’être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l’être qui tente de la posséder. Quelque part, caché dans le désert, il y a un homme qu’elle ne peut pas oublier. L’amour pourra-t-il la sauver ?"
Résumé : JC Lattès



Six ans c'est long. Six ans pour lire un livre, c'est encore plus long...
Les Âmes Vagabondes (The Host) est paru en 2008. Une adaptation cinématographique est sortie en 2013. Je dois avouer honteusement, que sans ce film, le roman serait toujours à la même place. Cette réticence était principalement due au nom de l'auteur... Stephenie Meyer. Ce n'est pas tant son écriture qui me posait problème, la trouvant parfaitement convenable, mais surtout la trivialité de ses personnages.



Bien que le film m'ait donné envie de lire le livre, il m'a néanmoins beaucoup déçue. Il est indéniable qu'un livre est souvent plus abouti qu'un film. Mais ici ce n'est pas le problème :  l'Âme du roman a été totalement oubliée. Alors que l'œuvre littéraire s'adresse à un lectorat adulte, le film, lui, est clairement réalisé pour un public adolescent. Dans ce dessein, le film a été édulcoré et toutes les scènes rendant le roman profond et mature ont été supprimées ; mais il s'agit peut-être d'un souci de séduction...


En ce qui concerne le roman, il est parvenu à me faire dépasser mes angoisses... L'écriture autrefois acceptable a laissé place à une plume plus fluide et mature ; et bien que les personnage soient victimes d'une forme singulière de schizophrénie, ils restent néanmoins plus intéressants que Mademoiselle Isabella Swan et sa horde de vampires apprivoisés.
Je fus principalement déçue par la place prédominante de l'histoire d'Amour au lieu du développement de l'invasion extraterrestre, qui aurait pu s'avérer beaucoup plus intéressant. Tellement de pistes pouvaient être explorées et ont pourtant été abandonnées au profit du développement des relations entre les personnages. C'est principalement pour cette raison que j'éprouve quelques difficultés à classer le roman dans le rayon "science-fiction", à mon sens il s'agit plus d'une romance.
Ce que j'ai appelé "schizophrénie" chez les protagonistes est le fait qu'ils changent constamment de comportement. Il est ainsi assez difficile de cerner les personnages et de s'identifier à eux. Ils restent donc des personnages assez distants et superficiels auxquels j'ai, personnellement, eu un peu de mal à m'attacher. A part Ian...



Cependant, malgré ces petites déceptions, Les Âmes Vagabondes reste tout de même un roman que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. La dualité du personnage principal rend l'histoire encore plus originale qu'elle ne l'est déjà. Le combat farouche de Mélanie pour reprendre le contrôle de son corps laisse place à un effacement progressif allant avec la confiance qu’elle accorde petit à petit à l’Âme qui a pris possession de son corps. Cette confiance croissante est bien plus explicitée dans le roman que dans le film et les raisons qui poussent Mélanie à mettre son animosité de côté le sont tout autant.
Un élément précis m'a réellement transportée et envoutée, ce sont les quelques descriptions des planètes visitées par Vagabonde -Âme en possession du corps de Mélanie. Elles apparaissent réellement magnifiques et l'auteur a fait preuve d'un grand talent pour les inventer et les décrire.
Les Âmes sont aussi des êtres que j'ai beaucoup appréciés, notamment grâce à leur grande naïveté et pureté. La critique de l'humanité qu'elles induisent m'a aussi beaucoup plu, ce qui permet au roman d'être plus qu'une simple romance adolescente. L'ouvrage entier est un questionnement sur l'humanité et ses travers, qui peut interpeller le lecteur et le pousser lui-même à s'interroger.



En définitive, bien que certaines critiques puissent être formulées à l'égard du roman de Stephenie Meyer, sa lecture reste néanmoins très agréable. C'est aussi un thème assez différent de ce que l'on a eu l'habitude de voir ces dernières années, ce qui est un atout non négligeable.


 

mercredi 5 novembre 2014

Et si la mort n'était qu'une enfant...

Tome 1&2 La Petite Mort, Davy Mourier - édition Delcourt.
Avec une jolie dédicace du Sieur Davy Mourier.
La littérature étant un vaste monde, de nombreuses contrées sont à explorer, notamment celle de la bande dessinée.

J'ai eu le plaisir de faire la connaissance de La Petite Mort il y a quelque temps, joyaux de Davy Mourier, paru en 2013. Je n'ai entendu parler que très brièvement de cette bande dessinée, mais après avoir vu la couverture, entendu quelques échos la présentant comme un petit concentré d'humour noir, et appris de surcroit que la préface avait été rédigée par le Grand Alexandre Astier, je n'ai pas pu résister ! C'est ici que s'exprime le côté obscure de ma force, cohabitant gaiement avec les fleurs bleues et les couchés de soleil flamboyants.

Mettant en scène la Petite Mort, jeune fils de la Faucheuse et future Faucheuse, ce roman graphique est destiné à un public sachant apprécier l'humour noir, qui n'a pas peur de rire de l'horreur et de ce qui pourrait heurter les bonnes moeurs. L'auteur peut aller très loin dans son humour, en s'amusant parfois de situations effroyables ; ce qui, je pense, pourrait offenser un public sensible. Cependant, l'humour est pertinent s'il n'est pas pris au premier degré.
En ce qui concerne l'esthétique, les dessins sont essentiellement réalisés en noir et blanc, à l'exception de quelques interludes colorées disséminées ça et là. J'imagine tout de même très mal une bande-dessinée de cet acabit regorgeant de couleurs.
Pour parler un peu plus de l'histoire in concreto, nous accompagnons la Petite Mort, minuscule squelette encagoulé, faisant son entrée au CP (au sein d'une classe parfaitement humaine). Parallèlement à son apprentissage scolaire, LPM (nous allons, à partir de maintenant, le surnommer ainsi) va suivre une formation de faucheuse, dispensée par son père, en vue de lui succéder lorsque le temps sera venu. Entre les péripéties du petit tas d'os qui doit s'intégrer dans son école tant bien que mal, et son apprentissage morbide, le lecteur n'a clairement pas le temps de s'ennuyer.

Et comme toutes les bonnes choses ont une suite, un deuxième tome est paru cette année. Il poursuit l'histoire là où elle s'était arrêtée. LPM arrive au collège, avec tous les désagréments hormonaux que cela entraîne. Cette suite voit aussi l'apparition d'un nouveau protagoniste central : Pépé Mort, qui, comme son nom l'indique est le grand-père de LPM. Je ne pouvais pas rédiger un billet sur cette bande dessinée sans parler de ce personnage que j'ai particulièrement adoré et trouvé hilarant. 

Si j'ai apprécié les deux volumes, le second emporte cependant ma préférence ; il me parait plus abouti et plus ancré dans l'histoire que le premier. 

Résumé du premier tome :
"La Petite Mort vit des jours heureux avec Papa et Maman Mort. Il va à l'école, tombe amoureux d'une fille de sa classe et essaie de se faire des amis. Bref, à quelques détails près, la Petite Mort est un enfant comme les autres, si ce n'est qu'il a un avenir tout tracé : quand il sera grand, il reprendra le travail de Faucheuse de son père. Ce qui tombe mal, car la Petite Mort veut être fleuriste !"
Résumé : Delcourt.

samedi 4 octobre 2014

The Little People are watching you...

1Q84 - Haruki Murakami, édition 10/18.

George Orwell se montre décidément omniprésent en ce moment. Après l'avoir assimilé au roman Divergente de Veronica Roth (à lire ici), il s'agira maintenant d'établir le parallèle avec 1Q84 d'Haruki Murakami (2009). Car en effet, l'une des choses que l'on entend le plus, et qui ne pourra être tue dans le cadre de la présentation de 1Q84, est qu'il s'agit clairement d'une référence au roman 1984 de George Orwell. Cette analogie est avant tout exprimée par le titre, le -Q- se prononçant à l'anglaise (comprendre "quiou"), il se prononce ainsi de la même manière que le 9 japonais. Par conséquent, bien que le titre s'écrive 1Q84, il s'agit tout de même du même titre que celui de George Orwell
En plus du titre évocateur, le nom de Big Brother revient souvent dans les tirades des personnages et des références parfaitement claires sont disséminées par-ci, par-là au fil des pages.
L'histoire s'étire sur trois volumes publiés entre 2009 et 2010, qui sont chacun découpés en trimestres. Le premier tome dont je vais vous parler aujourd'hui se déroule d'Avril à Juin 1984.

Pour être parfaitement honnête, j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire au départ, ne parvenant pas à comprendre où souhaitait en venir l'auteur. Il m'a fallu tourner une bonne centaine de pages avant d'être véritablement conquise. Si l'écriture peut paraître un peu étrange par moment -je mettrai cela sur le compte de la traduction japonais/français-, elle n'en est pas moins poétique ; j'ai réellement était subjuguée par la beauté et la délicatesse de l'écriture de certains passages.
Outre la plume de l'auteur -et/ou du traducteur- et l'histoire en elle-même, l'auteur parvient à mettre en scène des personnages intéressants et originaux avec leur caractère et leurs bizarreries. Deux protagonistes se partagent les devant de la scène : Tengo et Aomamé (j'ai précisé que l'histoire se déroulait au Japon ?) ; s'ils sont aux antipodes l'un de l'autre, ils ont néanmoins une vocation à une entière dévotion à l'invisibilité. Tengo écrit des articles dans l'ombre qu'il vend à d'autres auteurs qui vont se les approprier. Il va, par la suite, réécrire le roman d'une jeune fille sans que son nom ne soit mentionné nulle part. En revanche, quant à Aomamé, je ne pourrais strictement rien révéler sous peine de gâcher le suspense et l'effet de surprise installé dans les premières pages !

Je ne peux pas parler d'1Q84 sans mentionner ne serait-ce qu'une fois la présence des Little People. Je serais en revanche bien incapable de définir ces personnages, simplement parce qu'il s'agit plus, dans le premier livre, d'une ombre mystérieuse et terrifiante qui plane sur l'histoire. Ici encore, on peut ajouter les Little People à la liste déjà bien fournie, des clins d'oeil de Murakami à Orwell. En effet, le personnage de Big Brother de 1984 est remplacé par les Little People. On pourra constater le jeu de mots réalisé par l'auteur : le Grand Frère devient les Petites Personnes. 

Pour terminer, l'auteur a réussi à introduire de nombreux thèmes importants au sein de son récit, comme la condition de la femme et des jeunes filles dans la société japonaise de la fin du XIXème siècle, mais aussi la question plus que délicate des sectes et de la violence qui peut régner en leur sein. Je ne peux cependant pas développer plus amplement ce point sans révéler d'importants éléments de l'intrigue du roman. Je m'arrêterai donc à ces assertions, sans plus me justifier.

J'achèverais ce billet, comme souvent, en précisant que cette lecture n'est sûrement pas adaptée à de jeunes gens en raison du caractère licencieux de certaines scènes. Les thèmes abordés peuvent aussi être quelque peu éprouvants pour un jeune lectorat.

Je vous prie d'apprécier la beauté du résumé :  
"Entre l'an 1984 et le monde hypnotique de 1Q84, les ombres se reflètent et se confondent. Unies par un pacte secret,  les existences de Tengo et d'Aomamé sont mystérieusement nouées au seuil de deux univers, de deux ères... Une odyssée initiatique qui embrasse fantastique, thriller et roman d'amour, composant l'oeuvre la plus ambitieuse de Murakami."
Résumé : 4ème de couverture. 

 

mercredi 17 septembre 2014

Soyez courageux, honnêtes, désintéressés, intelligents et gentils.

Divergente tomes 1, 2 & 3 - Veronica Roth, édition Nathan.


Je viens d'achever la lecture de la saga Divergente (2011) de Veronica Roth et pour une fois, j'ai préféré attendre d'avoir lu les trois tomes qui la composent avant de vous en parler ici, pour la simple et bonne raison qu'ils sont déjà touts les trois parus et que le dernier clôture la saga. J'ai donc préféré vous faire un seul et unique article sur la saga entier.
Je ne pouvais pas faire un article garanti sans spoiler, car, pour vous dire ce que j'ai à vous dire, je suis obligée de révéler certains éléments. Ce billet sera donc divisé en deux parties : la première sera absolument dénuée de spoiler, pour ceux qui préfèrent tout découvrir par eux-mêmes, et qui pensent que la curiosité est un vilain défaut ; la deuxième, cependant, comportera des éléments des trois livres, pour ceux qui les ont déjà lus, ou pour ceux chez qui la curiosité est plus forte que n'importe quelle autre motivation.




-Première Partie.-


Ma découverte de Divergente n'a rien d'extraordinaire -si tant est que la découverte d'un livre puisse être palpitante et digne d'une découverte archéologique. J'ai simplement vu le film Divergente (2014) il y a quelques mois, et, étant très curieuse par nature, je ne m'imaginais pas attendre la sortie du deuxième film pour connaitre la suite des aventures de Tris. J'ai donc commencé à lire le premier tome -je ne me voyais pas non plus commencer la saga par le deuxième livre. J'ai très largement préféré le livre au film, que je trouve beaucoup moins édulcoré et plus complet, naturellement. Je sais pertinemment qu'un livre en apprend toujours plus qu'un film -et c'est pour cette raison que je préfère très souvent les oeuvres littéraires à leurs adaptations cinématographiques ! Naturellement, ma préférence vis à vis du livre n'est qu'un avis subjectif, j'ai entendu beaucoup d'avis divergents -haha- sur la question.

De manière plus générale, j'ai beaucoup aimé le concept des livres. Bien qu'on puisse remettre en cause leur originalité du fait du nombre croissant de dystopies* que l'on peut voir en ce moment (Uglies (2005), Hunger Games (2008), La Sélection (2012)), je trouve qu'il est parfaitement normal que des romans aient des similitudes au sein d'un même genre littéraire. C'est d'ailleurs ce qui rend la catégorisation possible. 
Dans le même ordre d'idée, j'entends beaucoup de gens accuser Divergente d'être une pâle copie d'Hunger Games ; à part la ressemblance du système de castes/factions -qui soit dit en passant est un concept introduit par George Orwell dans 1984 (paru en 1950)-, je ne trouve aucun caractère commun. En ce qui me concerne j'ai beaucoup aimé l'idée d'une société divisée en factions basées sur le trait de caractère prééminent des individus.
On pourra aussi prétendre que les héroïnes ont toutes les deux un fort tempérament, mais je pense sincèrement qu'un héros de dystopie se doit d'avoir un caractère bien trempé pour survivre et avoir une histoire digne d'être racontée. Imaginez une seconde l'héroïne de Twilight dans un monde post-apocalyptique... le tableau ne serait pas bien joli à voir !


Il s'agit là de tout ce que je puis vous dire sans vous révéler quoi que ce soit de fondamental sur la suite des évènements. Alors maintenant j'invite ceux qui ont peur des révélations à descendre jusqu'à la fin de la deuxième partie.
Je constate qu'il est particulièrement difficile de rédiger un article sur une saga complète, les éléments les plus présents à l'esprit étant les plus récents et donc ceux qu'il ne faut pas révéler...


-Deuxième Partie.-
SPOILER.


Comme je l'ai dit précédemment, Divergente est une saga que j'ai vraiment adorée. Mais il n'empêche que certains points m'ont un peu contrariée et ceux-ci se trouvent principalement dans le troisième tome. J'ai cependant vu beaucoup d'avis négatifs sur le deuxième tome ; avis avec lesquels je ne suis pas souvent d'accord, encore une fois. L'argument principal étant que Tris se morfondait plus qu'autre chose. À cela j'opposerais un argument rationnel : essayez de loger une balle entre les deux yeux de votre meilleur ami -qui est aussi accessoirement le petit ami de votre meilleure amie- et de perdre vos deux parents en un temps record -moins de 12h- et on en reparle après. De plus, je trouve que cet aspect confère à Tris une humanité et un réalisme que l'on trouve rarement dans ce genre de littérature.


Les deux premiers livres sont ceux que j'ai préféré lire, chacun pour leurs particularités. Le premier démarre les aventures de Tris et il est plaisant de la voir évoluer et s'adapter à son nouvel environnement qui est le siège des Audacieux. Le deuxième car, s'il est plus sombre, je le trouve plus intéressant et plus ancré dans la dystopie.


En revanche, si j'ai apprécié le troisième livre pour certains points, il reste tout de même celui qui m'a le plus déçue des trois. Je l'ai trouvé bien plus superficiel que les précédents et je n'ai pas été entièrement convaincue par les évènements qui s'y déroulent.
En ce qui concerne le caractère superficiel, ce qui m'a amenée à penser cela est la rapidité avec laquelle les éléments s'enchainent, sans grande explication, ainsi que la facilité avec laquelle les choses sont faites. Je n'ai pas été très convaincue par Tobias jouant les agents-doubles après la prise de pouvoir des Sans-Faction, ni par l'arrivée des "Loyalistes" dans l'histoire, et encore moins par les évasions successives de Tris et son petit groupe qui m'ont semblé bien trop aisées. 


Pour terminer sur une note plus positive, je reviendrais sur les éléments qui m'ont plu dans ce troisième tome. Notamment le fait que Tobias/Quatre fasse son apparition dans la narration. Cela permet d'avoir son point de vue quant à l'histoire ainsi que de prendre du recul sur le personnage de Tris
L'autre point que j'ai beaucoup apprécié n'est pas réellement ancré dans l'histoire, mais c'est ce que j'imagine être un clin d'oeil de l'auteur à l'oeuvre 1984 de George Orwell -oui encore lui. En effet, dans 1984, Big Brother surveille ce qui se passe au sein de la société par le biais de caméras postées un peu partout dans les villes. Dans le troisième livre, on apprend que les personnes à l'extérieur de la clôture surveillent ce qu'il se passe à l'intérieur grâce à des caméras placées dans la ville. J'ai beaucoup apprécié ce petit clin d'oeil s'il en est un.


Je ne pense pas pouvoir clôturer cette article sans parler de la fin qui a anéanti tant de lecteurs/lectrices. M'étant accidentellement auto-spoilée la fin après avoir lu le premier livre, je n'ai pas été très surprise quand la catastrophe est arrivée. C'est peut-être aussi pour cette raison que je n'ai pas subi de traumatisme psychologique. Naturellement, j'aurais égoïstement aimé une jolie happy end pour Tris et Tobias, mais je respecte aussi ce qu'a voulu faire l'auteur avec son histoire. J'aime lire un livre -ou regarder un film- pour découvrir ce que l'auteur avait en tête, et pas pour y voir ce que j'attends personnellement.


-Fin de la Deuxième Partie.-


Sur ces bonnes et longues paroles, je vous laisse découvrir le résumé. 
Cependant si vous avez cédé à la tentation et lu la partie avec spoiler je ne suis pas sûre que vous en ayez encore besoin...
"Tris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq factions. À 16ans, elle doit choisir son appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime, son test d'aptitude n'est pas concluant.
Elle est divergente.
Ce secret peut la sauver... 
Ou la tuer. "
Nathan. 

*La dystopie est un genre littéraire, elle est le contraire de l'utopie. Quand l'utopie met en scène un monde idéal dans lequel il ferait bon vivre, la dystopie, elle, nous montre une société noire, pleine de défauts dans laquelle personne ne voudrait sciemment vivre. On oppose l'Utopie (1516) de Thomas More, à 1984 (paru en 1950) de George Orwell, qui sont les deux plus grands exemples de chaque genre.